Quand j’avais 27 ans, je suis allée dans un centre commercial parce que j’avais envie d’acheter quelque chose de nouveau. Je me souviens d’avoir plutôt été heureuse avec les jeans et les chaussures que j’ai trouvés. Je me souviens aussi avoir calculé dans ma tête que le jour de paie était dans deux jours, que j’avais un plein d’essence et que mon équipe sortait déjeuner le lendemain – le déjeuner était donc couvert. Ce qui, dans mon esprit, signifiait que techniquement, j’avais l’argent pour ça. Honnêtement, à l’époque, ce raisonnement ne me paraissait pas irresponsable, du moins jusqu’à ce que je monte dans ma voiture et découvre que la batterie de ma voiture était morte…

Mon réflexe immédiat était de prendre mon sac à provisions, de revenir dans le magasin et de retourner les deux articles avant même que j’appelle une compagnie de remorquage. C’était un test de réalité dont j’avais désespérément besoin : je n’avais rien à acheter ce jour-là. J’aimerais dire que j’ai appris ma leçon, mais je ne l’ai pas fait. J’en avais déjà fait l’expérience et j’allais en faire l’expérience à nouveau. Je vivais sur le fil du rasoir avec mes finances, calculant constamment les jours jusqu’au jour de paie avec la quantité d’essence que j’avais, la quantité de nourriture dont j’avais besoin et quand mes factures étaient réglées. C’était beaucoup de travail et c’était épuisant.

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Au fur et à mesure que ma carrière progressait et que mon revenu augmentait, mes dettes augmentaient aussi. Il y a deux ans, quand j’ai rencontré mon fiancé, il était consterné de voir à quel point j’avais mal géré mon argent, surtout si l’on considère de l’extérieur que j’avais l’air d’être un adulte pleinement fonctionnel. Je pouvais réciter toutes les choses que je savais que je devais faire, mais rien de tout cela ne se voyait dans mes actions. Non seulement j’avais des dettes, mais je n’ai jamais pu dépasser la barre des 2 000 euros dans mon compte d’épargne. Chaque fois que j’approchais les 2 000 euros, il se passait quelque chose : mon chien tombait malade, c’était la saison des anniversaires de ma famille, ou j’avais fait des achats en ligne sans réfléchir et trop dépensé.

J’étais en meilleure forme par rapport à quand j’avais la vingtaine, mais sans aucun doute, je gérais encore mal ma trésorerie. J’ai pris plusieurs fois dans ma vie des décisions importantes et changé mes habitudes. Et le fait d’avoir à partager ma situation financière actuelle avec cette personne que je respectais tant et avec qui je voulais partager ma vie a finalement suffi à me pousser à bout et, en toute honnêteté, à ” grandir ” sur le plan financier.

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Je vous livre les mesures que j’ai prises pour me sortir enfin de mes dettes et constituer un fonds de secours significatif. Toutefois, le message est d’être débrouillard avec ce qui est à votre disposition, de vous éduquer sur la façon de l’utiliser et de vous poser la question “pourquoi vous pourriez avoir besoin de vous mettre mal à l’aise afin d’atteindre votre but?”

Première étape : avoir un colocataire

Ce n’est pas un secret que vivre dans la région de Paris coûte cher. Étant dans la trentaine, j’ai donné la priorité à mon propre espace et à mon intimité plutôt qu’à la réalisation d’économies en cas d’urgence. Le loyer absorbait environ 44 % de mon salaire net total.

Si vous connaissez la règle du 50/30/20, il me restait environ 6 % pour le reste de mes dépenses essentielles, qui comprenaient les frais de voiture (pas de paiement, mais elle était vieille et me créait une tonne de problèmes) en plus des services publics, de l’essence et de la nourriture.

Dans ma situation, la solution était émotionnellement facile à trouver. Mon copain a emménagé chez moi et mon loyer a été réduit de moitié. C’était absolument essentiel pour que je puisse accomplir la deuxième étape. Si j’avais vécu cette même prise de conscience et que j’avais été célibataire, j’aurais attendu trois mois avant de trouver un logement avec une colocataire, car j’étais en location. Dans cette situation, j’espère avoir fait de mon mieux pour suivre les deux autres étapes.

Deuxième étape : réduire son salaire net

“Attends, quoi ?! Tu veux que je réduise le montant d’argent que je reçois chaque mois  ?” – la réalisation la plus effrayante de tous les temps. Pourquoi me mettrais-je dans une position où j’aurais moins d’argent chaque mois alors que j’avais déjà l’impression d’avoir du mal à joindre les deux bouts ? Je dépensais trop pour des choses non essentielles. J’étais friande du plus gros forfait de distribution, j’adorais les achats en ligne (offres flash en plus de mon café du matin) et des livraisons à domicile.

Pour vraiment boucler la boucle et mettre fin à mes envies d’achats compulsifs , j’ai dû réduire mon salaire net pour me forcer à prendre de meilleures habitudes. Je l’ai fait en investissant en moi-même et dans mon avenir. Le but est de m’assurer que je cotisais le montant proportionnel à mon pouvoir d’achat et d’épargner de façon automatique 20% de mon salaire dans un compte issu d’une autre banque que mon compte chèque.

Je reconnais pleinement que j’ai de la chance de travailler dans une entreprise qui offre ce genre d’avantages. Le fait que je n’en profitais pas signifiait que je jetais de l’argent. A bien y réfléchir,  l’offre suivante ne se refuse pas. Si quelqu’un vous disait : “Si tu mets 100 euros de côté chaque mois, je te donnerai 100 euros de plus.” Ce scénario n’est pas une analogie, c’est ce qui se produit lorsque votre employeur égalise vos cotisations à 100%.

Comme il y a des nuances et des limites étant donné que toutes les entreprises ne fonctionnent pas de la même manière,  il faut s’assurer de lire les détails de l’offre de  l’entreprise pour laquelle vous travaillez car les taux sont variables, pareillement pour les  limites fiscales.

Quant au montant que vous pouvez mettre de côté chaque année, le message à retenir est que vous manquez le coche si votre entreprise vous offre cette aubaine et que vous n’en  profitez pas pleinement.

Pour ce qui est du Régime d’achat d’actions des employés (RAAE), il vous permettra de vous sortir rapidement de l’endettement. A chaque ouverture de la fenêtre de négociation des actions en entreprise, il vous faut vendre les vôtres  pour rembourser votre dette de carte de crédit. Néanmoins, cette option n’est pas conseillée si vos implications fiscales sont très élevées. Mais si ce n’est pas le cas, il faut vous lancer.

Une fois que j’ai remboursé la totalité de ma dette, j’ai été en mesure de tirer parti du RAAE comme d’une autre occasion d’épargner. C’est la meilleure chose à faire pour toute personne ouverte et désireuse de savoir que : l’épargne automatisée est le meilleur moyen de constituer votre épargne sans jamais avoir à agir par vous-même.

N’oubliez pas que ce compte devait être dans une banque complètement différente de votre compte chèque. C’est crucial pour votre propre tranquillité d’esprit plutôt que de penser à transférer de l’argent directement sur votre compte chèque.

Troisième étape : être têtu

Comme je l’ai mentionné, il y a eu quelques fois dans ma vie des moments où j’ai vraiment pris la décision de changer quelque chose d’habituel et à quelques reprises j’ai pensé que j’avais pris cette décision, mais elle n’a pas tenu. Comment imiter le premier et non le second ? J’ai été têtue à ce sujet. Mes mantras incluent : “Ce n’est pas un jeu. Je ne vais plus me permettre ce type de comportement ni ce type de dette de carte de crédit renouvelable  même si c’était après l’avoir payé”. S’obstiner à ne pas dépenser d’argent peut être plus satisfaisant que vous ne l’imaginez. Vous n’avez qu’à envisager la satisfaction sous un autre angle.

Le matin, quand je prenais mon téléphone pour commencer à faire mes achats en ligne, je le posais soudainement et je me disais : “Non. Pas aujourd’hui !” Et me suis permis d’absorber la gratification de la volonté. J’ai aussi changé ma routine matinale en tenant un journal en même temps que mon café du matin. A l’époque, c’était exactement ce dont j’avais besoin et, bien-sûr, pour me faciliter la tâche, je me suis assurée de garder le cap.  Avec ce nouveau comportement, j’ai fait le suivi de mes dépenses et de mon budget. Depuis, j’ai tendance à vérifier certaines applications sur mon téléphone dans le même ordre – FitBit, Instagram, Facebook. De plus, j’ai supprimé les informations de ma carte de crédit de tous les sites d’achat, je me suis désabonné des abonnements (y compris Amazon – celui-là était difficile, mais la gratification instantanée était trop tentante), j’ai coupé le câble et je n’ai mangé à l’extérieur que le vendredi soir – ce qui était amusant parce que c’est devenu quelque chose dont je me réjouis toute la semaine.

Il y a des tonnes de conseils sur les façons de ne pas dépenser. Ce n’est pas parce que je me suis libéré de mes dettes et que j’ai commencé à constituer un fonds d’urgence que la vie m’a donné un répit et que je n’ai pas eu à faire face à des dépenses importantes. Il est devenu évident que ma voiture en était à sa dernière étape et que je devais prendre une décision importante. Le moment venu, je suis fière de dire que je n’ai pas cédé à mon nouveau sentiment de sécurité financière et que je n’ai pas assumé un énorme paiement mensuel.

J’ai fait un bon nombre de recherches, optimisant pour l’abordable et la valeur d’une voiture par rapport à son luxe et sa marque de commerce et j’ai trouvé une voiture qui répondait parfaitement à mes besoins sans la grande marque de commerce ou le paiement mensuel. Un autre moment de grande satisfaction.