SCPI 2025 : quelles parts pourraient baisser de valeur cette année ?

Les SCPI, ou Sociétés Civiles de Placement Immobilier, séduisent de nombreux investisseurs par leur promesse de rendement et de diversification. Toutefois, l’horizon 2025 pourrait marquer un tournant décisif pour certaines d’entre elles. Les secteurs immobiliers, autrefois perçus comme des valeurs sûres, sont aujourd’hui confrontés à des défis inédits.L’évolution des modes de travail, avec le télétravail en hausse, remet en question l’attractivité de certains bureaux. Les changements démographiques et les nouvelles régulations environnementales pèsent sur l’avenir des biens résidentiels et commerciaux. Ces facteurs combinés pourraient faire chuter les prix de certaines parts de SCPI d’ici 2025.

Comprendre le mécanisme de valorisation des parts de SCPI

Pour cerner la dynamique derrière la valeur d’une part de SCPI, il faut saisir quelques principes fondateurs. Les SCPI, encadrées par l’AMF, sont tenues de maintenir le prix de leurs parts dans une marge de plus ou moins 10 % autour de la valeur de reconstitution de leur patrimoine immobilier. Cette valeur s’appuie sur l’évaluation à jour de l’ensemble des biens détenus.

Les sociétés de gestion, garantes du pilotage quotidien des SCPI, occupent une place stratégique dans ce dispositif. Leur mission : sélectionner et entretenir des actifs immobiliers rentables, dans l’optique de générer des revenus réguliers pour les porteurs de parts. Les dividendes, souvent versés chaque trimestre, constituent l’un des attraits majeurs de ce placement, avec une perspective de rendement pensée sur le long terme, généralement entre 8 et 10 ans minimum.

Louis Legasse, connu dans le secteur, accompagne régulièrement les SCPI dans le choix de leurs orientations. Son approche, combinant gestion prudente et arbitrages actifs, vise à optimiser les performances tout en préservant la sécurité du capital. Cette vigilance constante nourrit la confiance des investisseurs et contribue à l’équilibre du prix des parts.

Facteurs influençant la baisse des prix des parts de SCPI en 2025

Si l’année 2025 inquiète certains épargnants, c’est parce que plusieurs signaux convergent vers une possible érosion de la valeur des parts de SCPI. La hausse des taux d’intérêt décidée par la Banque centrale européenne joue un rôle de premier plan. Lorsque le crédit devient plus cher, les marges de manœuvre pour investir ou refinancer des actifs se réduisent, ce qui fragilise mécaniquement la valorisation des portefeuilles.

En toile de fond, l’immobilier pâtit des incertitudes économiques. La dépréciation de nombreux actifs immobiliers, amorcée en 2023, pourrait se poursuivre, alourdissant le climat. Dans un contexte où la conjoncture économique reste hésitante, les revenus locatifs pourraient diminuer, pesant sur la rentabilité des SCPI.

Certains acteurs sont plus exposés que d’autres à ces aléas : les SCPI gérées par Amundi, La Française ou SwissLife AM, par exemple, doivent composer avec des portefeuilles parfois concentrés sur des zones ou des secteurs moins résistants aux tempêtes économiques.

Voici les principaux leviers à surveiller en 2025 :

  • Hausse des taux d’intérêt
  • Dévalorisation des actifs immobiliers
  • Exposition géographique et sectorielle des portefeuilles

Conséquences potentielles de la diminution des prix des parts de SCPI

Une baisse de la valeur des parts n’est pas qu’une ligne qui bouge sur un relevé. Pour chaque investisseur, cela signifie une érosion du patrimoine, parfois inattendue. La valorisation de leur portefeuille immobilier se retrouve directement impactée.

Le rendement moyen des SCPI, estimé à 4,72 % pour 2024, pourrait aussi ressentir les effets de cette tendance. Si les revenus locatifs diminuent à la suite d’une dévalorisation des biens, la distribution de dividendes, moteur principal de l’attrait des SCPI, s’en trouverait affectée. Ceux qui misent sur la stabilité des gains pourraient alors voir leurs prévisions bousculées.

Les sociétés de gestion, Amundi, La Française, SwissLife AM, devront alors renforcer leur vigilance. Face à la volatilité du marché, la diversification, tant géographique que sectorielle, deviendra la clé pour amortir les chocs. Certaines SCPI, comme Eurovalys, continuent de sortir du lot grâce à un rendement au-dessus de la moyenne, autour de 5 %.

Impacts sur la liquidité et les stratégies d’investissement

Cette baisse potentielle s’accompagne aussi d’un effet domino sur la liquidité des parts. Si les demandes de retrait augmentent, la pression sur les prix pourrait s’intensifier. Pour les sociétés de gestion, cela complique encore la tâche et impose une gestion fine de la trésorerie.

Les stratégies d’investissement devront évoluer. Les conseillers en gestion de patrimoine sont susceptibles d’orienter leurs clients vers davantage de diversification, passant par l’assurance vie ou les plans d’épargne retraite (PER). Ces solutions complémentaires offrent un rempart face aux secousses du marché des SCPI, tout en assurant un minimum de stabilité dans les revenus.

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Les SCPI à surveiller en 2025 pour une éventuelle baisse de prix

L’année 2025 s’annonce mouvementée pour certaines SCPI, dont la valeur des parts pourrait évoluer au gré des secousses économiques et financières. Plusieurs noms sortent du lot et méritent une attention particulière :

  • Amundi : ce poids lourd du secteur pourrait voir sa valorisation évoluer en fonction des décisions de la Banque centrale européenne sur les taux d’intérêt.
  • La Française : malgré sa robustesse, elle n’est pas à l’abri d’une baisse des loyers commerciaux, ce qui pèserait sur son rendement global.
  • SwissLife AM : très présente à l’international, elle reste exposée à la volatilité des marchés étrangers, un paramètre à surveiller.
  • Allianz Immovalor : focalisée sur les bureaux urbains, la généralisation du télétravail pourrait limiter la demande et donc la valeur locative de ses actifs.
  • AEW Patrimoine : spécialisée dans le secteur commercial, une récession frapperait directement la valeur de ses parts.

Pour compléter ce panorama, l’analyse de Louis Legasse rappelle que la règle des plus ou moins 10 % autour de la valeur de reconstitution, imposée par l’AMF, s’applique à toutes les sociétés de gestion, qu’il s’agisse de BNP Paribas, HSBC REIM ou Grand Ouest Gestion d’Actifs. Les SCPI les plus fragiles seront celles dont les actifs sont les plus sensibles aux variations de marché.

Dans ce contexte, la prudence dicte de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Diversifier son épargne, en combinant SCPI et solutions comme l’assurance vie ou le PER, reste une approche judicieuse pour traverser cette période incertaine. La prochaine étape ? Observer si ces tendances se confirment et voir quelles SCPI sauront tirer leur épingle du jeu dans une année pleine de défis.